Nous sommes ici au Studio Harcourt .Expliquez nous Pourquoi ?J’ai eu la chance de découvrir le Studio Harcourt en Juillet dernier, une rencontre magique….
J’étais à la recherche d’un lieu où faire une présentation différente, avec un public plus près des robes de Couture ? Quelque chose qui sorte du cadre du défilé traditionnel.
C’est une amie qui m’a amenée chez Harcourt et ca a été le Coup de foudre. Ce lieu est empli d’une énergie incroyable et d’un romantisme fou.j’ai réfléchi à la façon de mettre en scène le Studio avec des mannequins dans chaque pièce et la collection baptisée « CHAMBRE OBSCURE » était née.
Je n’ai pas vraiment choisi la Couture, mon cœur a penché en ce sens et je me suis laissé porter. J’ai eu la chance de toujours être soutenu par ma famille dans mes choix et une fois de plus, ils m’ont laissé aller vers la Couture en m’encourageant sans cesse.
Je fais de la Couture non pas par passion pour le vêtement mais définitivement par passion pour le corps féminin et sa mise en valeur…
Ces trois maisons ont été des écoles merveilleuses afin d’apprendre le métier et d’appréhender ce qu’allait être mon futur travail. Des ambiances très différentes, parfois très dur, parfois très détendu mais une même exigence de travail de qualité….Certains m’ont particulièrement marqué et défini une façon de travailler les silhouettes qui reste encore quelque part…
J’aime particulièrement transformer en objet de mode quelque chose qui n’est pas destiné à l’être. Après tout, on voit trop de fashion addicts s’arracher des paries de lunettes qui ne sont que quelques bouts de plastiques… pourquoi donc des épingles, des zips, des rubans ou des sangles ne pourraient-ils pas aussi devenir des matériaux cultes ?!
La Couture est chez nous, une première étape vers la création d’une maison de mode complète qui développera à terme, je l’espère, Couture, Prêt-à-porter, Accessoires, Chaussures, … La Couture occupe, cependant il est vrai, chez nous une place essentielle, mon cœur est là et le cœur de la marque restera le Couture.
Etre membre de la Chambre syndicale de la Couture est avant tout une reconnaissance immense, un honneur. Avoir la chance d’être présent dans le calendrier des collections de Haute-Couture, parmi Dior, Chanel ou Jean-paul Gaultier est une chance incroyable.
Mais c’est également très dur car il nous incombe chaque saison de faire grandir notre propos, la qualité de nos produits afin d’essayer d’être digne des grandes maisons qui nous côtoient…
Je suis quelqu’un d’éclectique, qui peut se passionner partout les domaines… Cela dépend de mes envies du moment et de mon état d’esprit. Il est cependant vrai que certains univers me fascinent et reviennent régulièrement dans mon univers créatif comme la Danse, les Contes celtiques, Paris, ou l’Egypte.
Je ne pourrai hélas répondre à cette question qu’un petit mois avant le défilé…. Mon esprit vagabonde longtemps avant une collection, mais je ne me mets à y travailler et à faire des choix que peu de temps avant le défilé…. Rendez-vous en Juillet 2008 !
La robe de mariée est, en effet, devenu une de nos marques de fabrique. Nous avons de plus en plus de demandes privées. Elle est à mon sens un élément important, puisque c’est, pour un grand nombre de femme, la seule robe de grand soir sur mesure, qu’elles s’offriront.
Une peu de tout ça, un créateur sincère, un produit unique, des matières exceptionnelles sont pour moi la base même d’un travail du luxe.
La mode est la rue, on veut trop souvent opposer la mode « des podiums » et la mode « de la rue ». Certains créateurs continuent à développer un élitisme et une sorte de supériorité du milieu parisiano-parisien de la mode. Tout cela date d’une autre époque… Et de plus en plus de gens sont lassés… On se rend d’ailleurs bien compte qu’il y beaucoup moins d’énergie et d’envie à Paris que dans d’autres villes de mode. Paris est quelque peu une belle endormie… qui s’ennuie !
Interview Martine Praxy